
Deux devis de pompe à chaleur air-eau pour la même maison de l'Aisne, ou pour le même magasin, et deux puissances différentes. Prendre la plus grosse « pour être tranquille l'hiver » semble prudent, pourtant, dans l'exemple de référence du guide PROFEEL, une puissance surévaluée dégrade le rendement saisonnier de la machine.
La puissance d'une PAC air-eau se détermine d'après les besoins de chauffage à la température extérieure de base, et non d'après l'eau chaude sanitaire. Quand l'installation est aidée par la fiche CEE BAR-TH-171, une note de dimensionnement est remise au bénéficiaire dès l'engagement de l'opération. Voici, vu depuis le chantier, ce que contient cette note, les repères qui disent si une puissance tient, et les trois questions à poser avant de signer.
Comment se calcule la bonne puissance d'une PAC air-eau ?
On calcule d'abord les déperditions du bâtiment à la température extérieure de base du lieu, définie par le complément national NF P 52-612/CN à la norme NF EN 12831. La puissance de la pompe à chaleur se choisit ensuite selon les règles du NF DTU 65.16 P1-1. Le tout aboutit à une note de dimensionnement du générateur, établie par rapport à ces déperditions.
La marque, le confort promis et le chiffre rond passent après : un devis dont la puissance ne remonte à aucun calcul de déperditions ne peut pas être jugé.
Deux devis, deux puissances : la différence se lit dans le calcul, pas dans la promesse
Un écart de puissance entre deux devis ne dit pas lequel a raison : dans l'exemple du guide PROFEEL, la plus puissante des deux n'est pas la plus prudente, son rendement baisse.
Le guide PROFEEL « Changement du générateur de chauffage : impacts du dimensionnement », édité en décembre 2021 par l'Agence Qualité Construction, rappelle que les PAC air-eau se dimensionnent selon les règles du NF DTU 65.16 P1-1. Il illustre le sujet avec une maison de référence dont les déperditions atteignent 10 kW.
Gardons cette maison en tête, elle reviendra plus bas :
- surévaluer ses déperditions de 50 % conduit à une PAC presque deux fois plus puissante à +7/35°C ;
- les deux machines chauffent la même maison, mais la plus grosse affiche un SCOP dégradé.
Avant de comparer les prix, demandez donc à chaque installateur sur quel calcul repose la puissance qu'il propose.
Le point de départ : les déperditions à la température de base du lieu
Les déperditions sont calculées pour la température extérieure de base du lieu, définie dans le complément national à la norme NF EN 12831, référencé NF P 52-612/CN. Le calcul ne part donc pas de l'hiver dont on se souvient, mais d'une température de référence attachée au lieu.
La valeur qui s'applique à votre commune de l'Aisne se lit dans ce complément national. Elle n'est pas reproduite ici : exigez qu'elle figure sur la note, puisque les déperditions sont calculées pour cette température.
Un point est à ne pas confondre :
- une PAC air-eau qui produit aussi l'eau chaude ne se dimensionne pas sur les besoins d'eau chaude sanitaire ;
- c'est le besoin de chauffage à la température extérieure de base qui fixe sa puissance.
Une puissance gonflée « parce qu'il faut aussi l'eau chaude » mérite donc une explication écrite. Pour le comportement de la machine par temps très froid, voyez notre guide sur la pompe à chaleur en grand froid.
La note de dimensionnement : remise dès l'engagement, avant les travaux
Pour une PAC air-eau aidée par la fiche CEE BAR-TH-171 dans un logement existant, la machine installée doit être conforme aux préconisations de la note de dimensionnement. Cette note est remise au bénéficiaire dès l'engagement de l'opération, puis actualisée et remise de nouveau à l'achèvement des travaux le cas échéant.
La chronologie d'un chantier aidé, côté propriétaire
- Calcul des déperditions à la température de base, qui fonde la note de dimensionnement du générateur.
- Engagement de l'opération : la note vous est remise.
- Pose : la PAC installée suit les préconisations de la note.
- Achèvement : la note est actualisée et remise de nouveau, le cas échéant.
- Attestation sur l'honneur de la fiche, version A82.5 : une case OUI ou NON indique si la note vous a été remise.
> ⚖️ Point réglementaire : parmi les critères de contrôle sur site des opérations BAR-TH-171 et BAR-TH-172, publiés au Journal officiel du 18 décembre 2025, figure l'absence de note de dimensionnement établie sur les déperditions à Tbase, lorsque le bénéficiaire atteste par écrit ne pas l'avoir reçue.
Si la note ne vous a pas été remise, ne cochez pas OUI par complaisance : réclamez-la avant de signer. Pour monter le dossier d'aide lui-même, voyez notre guide des aides à la pompe à chaleur dans l'Aisne.
Commerce, bureau : l'étude préalable datée et signée en tertiaire
Dans un bâtiment tertiaire existant, bureaux ou commerce, la fiche CEE BAT-TH-163 publiée au Journal officiel du 29 avril 2026 impose une étude préalable de dimensionnement de la PAC air-eau. Cette étude est datée et signée par le professionnel, puis remise au bénéficiaire à l'engagement de l'opération.
Elle mentionne notamment la température de base, ainsi que les déperditions du bâtiment à cette température et à la température intérieure de consigne. Pour un commerçant qui chauffe sa boutique, c'est la pièce à réclamer : sans date ni signature, ce n'est pas l'étude prévue par la fiche.
| Maison | Local tertiaire | |
|---|---|---|
| Document | Note de dimensionnement, fiche BAR-TH-171 | Étude préalable datée et signée, fiche BAT-TH-163 |
| Moment de remise | Dès l'engagement, actualisée à l'achèvement le cas échéant | À l'engagement de l'opération |
| Contenu repéré | Établie par rapport aux déperditions à Tbase | Tbase, déperditions à Tbase et à la consigne intérieure |
Trop petite : sous 60 % des déperditions, la PAC est manifestement sous-dimensionnée
Selon les critères de contrôle CEE de l'Annexe B, publiée au Journal officiel du 18 décembre 2025, une PAC est manifestement sous-dimensionnée lorsque sa puissance, sans l'appoint, couvre moins de 60 % des déperditions à la température de base. Tout tient dans « sans l'appoint » : la résistance de secours ne compte pas dans le pourcentage.
La règle de l'art donne un second repère, plus étroit :
- pour une PAC air-eau en tout ou rien avec appoint, le récapitulatif PROFEEL des règles du NF DTU 65.16 P1-1 situe la puissance entre 70 et 100 % des déperditions à la température extérieure de base ;
- le seuil de 60 %, lui, sert au contrôle des opérations CEE.
La fourchette de 70 à 100 % vise le fonctionnement en tout ou rien avec appoint, elle ne se transpose donc pas d'office à une machine qui module. Dans ce cas, demandez à l'installateur quelle règle il a suivie.
> ⚠️ Attention : si la puissance d'un devis, appoint exclu, couvre moins de 60 % des déperditions à Tbase, la PAC entre dans la définition d'une PAC manifestement sous-dimensionnée, quel que soit son prix.
Trop grosse : ce qu'une puissance presque doublée coûte en rendement
Retour à la maison de référence et à ses 10 kW de déperditions. Surévaluer ces déperditions de 50 % revient presque à doubler la puissance de la PAC à +7/35°C. Le SCOP, son coefficient de performance saisonnier, perd alors quelques pourcents. Pour une PAC qui ne module que de 50 à 100 % de sa puissance, la perte approche 10 %.
Une machine plus puissante n'achète pas de marge de sécurité : dans cet exemple, elle coûte du rendement sur toute la saison. D'ailleurs, pour une PAC air-eau en tout ou rien avec appoint, la fourchette de la règle de l'art s'arrête à 100 % des déperditions à Tbase.
Si un installateur avance un plafond de surdimensionnement exprimé en pourcentage, demandez-lui de quel texte et de quelle version il le tire, comme pour le seuil bas de 60 %, qui renvoie aux critères de contrôle CEE.
Fiche de dimensionnement : les repères à confronter à votre devis
Le calcul tient en une division : la puissance de la PAC sans l'appoint, rapportée aux déperditions à Tbase. Le résultat se lit ensuite dans ce tableau.
| Ce que vous lisez sur le devis ou la note | Repère | Ce que cela signifie |
|---|---|---|
| Puissance hors appoint sous 60 % des déperditions à Tbase | Critères de contrôle CEE, Journal officiel du 18 décembre 2025 | PAC manifestement sous-dimensionnée |
| PAC en tout ou rien avec appoint, entre 70 et 100 % | NF DTU 65.16 P1-1, récapitulatif PROFEEL | Dans la fourchette de la règle de l'art |
| Déperditions surévaluées de 50 % sur une maison de 10 kW | Exemple du guide PROFEEL | Puissance à +7/35°C presque doublée, SCOP dégradé |
| Puissance justifiée par l'eau chaude sanitaire | Guide PROFEEL | Mauvais critère : le chauffage à Tbase fixe la puissance |
| Température de base indiquée sur la note | NF P 52-612/CN | Point de départ du calcul des déperditions |
Ces repères aident à relire un devis sans remplacer le calcul : sans déperditions chiffrées à Tbase sur la note, aucun de ces pourcentages ne s'établit.
Trois questions à poser avant de signer
1. « Quelles déperditions et quelle température de base avez-vous retenues ? » La note de dimensionnement s'établit par rapport aux déperditions calculées à Tbase. En tertiaire, l'étude préalable mentionne Tbase et les déperditions à cette température. Une réponse sans chiffre n'en est pas une.
2. « Pouvez-vous me remettre la note maintenant, avant l'engagement ? » Pour une opération BAR-TH-171, la note est remise dès l'engagement de l'opération. Pour un commerce ou un bureau, l'étude préalable est datée, signée et remise à l'engagement, et sans ces pièces la comparaison de deux devis ne porte que sur des affirmations.
3. « Quelle part de mes déperditions votre PAC couvre-t-elle sans l'appoint ? » Sous 60 %, elle est manifestement sous-dimensionnée au regard des critères de contrôle CEE. Bien au-dessus du besoin, demandez pourquoi : dans l'exemple de référence, une puissance presque doublée dégrade le SCOP. Cette question vise la maison : pour un local tertiaire, réclamez l'étude préalable de la fiche BAT-TH-163.
Pour faire établir ce calcul pour une pompe à chaleur air-eau sur votre maison ou votre local, passez par une demande d'étude préalable.
Zone d'intervention rapide dans l'Aisne (02)
Nos installateurs et techniciens frigoristes se déplacent sous 24 à 48h pour les études de projet, l'installation et la maintenance sur l'ensemble du département :
Mathieu QUERTELET
Président & Référent technique CVCProfessionnel du génie climatique et de la thermodynamique dans l'Aisne, Mathieu valide la conformité réglementaire de nos guides. Chaque recommandation technique est confrontée aux contraintes thermiques de notre département (zone climatique H1a) et aux barèmes officiels d'aides (Anah, CEE, Code de l'environnement).


